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Nouvelle édition de Tôghàn

RENCONTRE AVEC MARCEL MELTHERORONG POUR LA NOUVELLE EDITION DE SON ROMAN TÔGHAN


Nous avons rencontré Marcel Melthérorong, musicien vanuatais né en 1975, qui a publié son premier roman, Tôghàn en 2007. Ce livre retrace l’histoire de Tôghàn, un jeune originaire du Vanuatu incarcéré dans une prison en Calédonie, terre où il a grandi. Cette semaine sort une deuxième édition, préfacée par Le Clezio, célèbre écrivain français.

D’où vient ton désir d’écriture ?

En fait j’ai travaillé pendant plusieurs années à l’Alliance Française, et j’ai pu rencontrer beaucoup de gens qui m’ont donné envie d’écrire. Des écrivains, des poètes. J’ai pu voir le plaisir que l’écriture leur procurait. Et puis surtout, j’ai eu envie de montrer aux jeunes d’ici qu’on peut écrire et partager des choses avec les lecteurs, et ce, sans forcément avoir fait d’études. Ici, l’école est payante et tout le monde n’a pas forcément la chance de pouvoir faire de longues études. Ce livre, c’est la preuve que l’on peut réussir si on s’en donne les moyens. Avec la maison d’édition de l’Alliance Française, jeunes et moins jeunes peuvent maintenant publier leurs écrits et partager leur vision de la vie. C’est aussi dans le but d’encourager les jeunes à écrire que j’ai décidé de publier Tôghàn.

Comment est né Tôghàn ?

En fait ce qu’il faut comprendre c’est que je n’ai jamais eu l’intention de publier. J’ai écrit ce livre pour moi. J’avais l’habitude d’écrire des chansons pour mon groupe, et puis je trouvais cela parfois trop court. Il y a des détails que l’on ne peut pas faire apparaître dans une chanson.  Alors un jour j’ai eu envie d’écrire une grande chanson. C’est de là qu’est né Tôghàn. Au début, c’était juste un texte de quatre ou cinq pages que j’avais écrites pour délirer après les Rencontres Francophones. Je l’ai ensuite fait lire à Georges Cumbo, avec qui je travaillais à l’époque à l’Alliance Française, et c’est lui qui m’a encouragé à le publier.



La première édition de ton livre est sortie en 2007. Comment a-t-elle été reçue ?

Elle a été très bien reçue, d’autant plus que c’était la première fois qu’un auteur francophone du Vanuatu publiait un livre. On en a pas mal parlé ici et en Calédonie. Je suis aussi allé au salon du livre, à Paris. Ça m’a fait bizarre, je n’avais pas l’habitude de voir autant de monde. J’ai également goûté au plaisir des séances de dédicace.

Cette nouvelle édition est préfacée par Le Clezio, un des grands auteurs de notre époque. Comment s’est passée cette rencontre ?

En fait, il a lu mon livre et m’a écrit une très belle lettre. Moi je ne savais même pas qui il était à l’époque. Et puis j’ai appris par la suite la grandeur du personnage. Il a d’ailleurs reçu le prix Nobel de Littérature l’année dernière. C’est vraiment quelqu’un de vrai, qui a envie que les générations se retrouvent dans les productions créatives. Il souhaite que l’on avance et que l’on arrête de parler du passé. Je suis vraiment honoré qu’il ait fait la préface de ce livre.


As-tu un autre livre en préparation ?


Oui, je suis en train d’écrire le deuxième, qui sera un peu la suite de Tôghàn. Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant.